Le mouvement Tiny House

with Un commentaire

Un peu d’histoire pour savoir de quoi on cause….

Il était une fois, dans un pays fort fort lointain, en Amérique du Nord, un mouvement qui allait naître et se développer, le mouvement de la micro-maison appelait aussi la vague des micro-maisons.

Qu’elle soit posée, perchée, coincée, suspendue, flottante, tractée, immobile, sur les toits des buildings, au milieu d’un lac, urbaine, campagnarde, en plaine, en montagne, chacune est singulière et appartient au « small house movement »

Tiny Houses, cabanes, petite maison, petite surface, toutes ces appellations sont en réalité des termes génériques désignant une incroyable variété formelle. La simplicité des structures et leur légèreté favorisent l’expression d’esthétismes divers développant des volumes parfois inattendus. Carrés, rectangles, cubes, dômes, triangles, pyramides, coupoles, flèches, forment une géométrie dont seules les limites de l’imagination et de l’élan créateur seraient susceptibles de restreindre le foisonnement. Les courbes accueillantes des maisons earth ship et hobbit Le tracé anguleux des A frame. Ici est le le Tiny Houses’ Movement

Le mouvement dans l’histoire à de nombreux référents.

En France, Le Corbusier qui déjà en 1952 avait construit un cabanon en bois dans le sud de la France où tout était pensé pour vivre dans un minimum d’espace. Un petit bâtiment de 3,66 m de coté et 2,26 m de haut que l’architecte avait au départ construit de ses mains pour son épouse et qu’il appelait son petit « château ».

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Henry D. Thoreau publie en 1854, ces principes philosophiques dans « Walden ou la vie dans les bois » qui résultent de la description minutieuse d’un séjour de quelques mois, retiré dans une cabane en bois construite de ses propres mains. Thoreau ne se fige jamais dans un attitude purement critique. Il suggère un méthode. Et comme il fait partie de ces auteurs qui, non seulement pensent leur vie, mais prennent aussi le risque de vivre leur pensée, ses écrits n’en sont que plus crédibles. « Mais bientôt, les choses que nous croyons posséder finissent par nous posséder. »

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La cabane perchée de Dylan Thomas

Dylan Thomas est considéré outre-Manche comme un des plus grands poètes du vingtième siècle. Il fut une de ces âmes insoumises qui approchèrent trop près du soleil et se sont liquéfiées dans l’alcool. Il semblait avoir pour ressort intérieur une forme d’extase et de transe verbale. Merveilleux conteur il fut l’un des premiers à enregistrer ses poèmes, à vivre de conférences, et à jouer de sa voix charismatique.

« Dans la direction de la ville élémentaire

J’avance aussi longtemps que dure notre éternité. »

(Vingt-quatre années)

Amoureux des lumières de la nuit, et des éclats de peau des femmes, il titubait dans la grandiloquence quand cela le servait, et basculait dans le sublime quand il était seul avec le papier blanc. Là, il raturait sans trêve sa vie, et devenait lucide lui le  « Portrait of the Artist as a Young Dog », le portrait de l’artiste en jeune chien. Jeune chien fou il avait su s’ébrouer, japper à la lune, mordre les bourgeois aux mollets de leurs certitudes. Ivre il l’était avant tout de mots.

« Après la première mort, il n’y a rien d’autre » proclamait-il.

Il a connu d’autres morts, et il n’y eut plus grand-chose. Icare foudroyé dans le soleil des bouteilles, il laisse des plumes qui volèrent encore très haut.

« Un alcoolique est quelqu’un que tu n’aimes pas et qui boit autant que toi. »

Il savait sa chute, il se souvenait aussi d’avoir percé à jour la force qui traverse l’arc électrique du vert pour donner la fleur. Il est peu de poètes aussi rimbaldiens. Ivre de vivre, fou de jeunesse, extatique devant la force brute de la nature. Il a collé son oreille contre le ventre de la terre et en a su toute la violence, la destruction et la vie. Et c’est le monde de l’enfance qu’il chante le mieux, la nature biologique en marche. L’innocence perdue. L’origine du souffle, de la création par la puissance de la parole :

« Au commencement était le mot, le mot

Qui des bases solides de la lumière

A dérobé toutes les lettres du vide. »

Dylan Thomas fut une énergie folle, un délire en mouvement, un archange de la soif d’exister.

Populaire, célèbre, vendu comme une rock-star il finira par se détruire de tavernes en bouges, à New-York en 1953. C’était pendant sa quatrième tournée triomphale de conférences-lectures, juste avant ses 39 ans. Il s’effondra à son hôtel, son cher Chelsea hôtel le 3 novembre 1953. Fier de lui il déclara: «  j’ai bu 18 whiskys, je pense que c’est un record ! » Il mourut quelques jours plus tard, le 9 Novembre 1953 à l’hôpital St. Vincent.

MOI, LE PREMIER PRENOMME (I, the first named)

 

Moi, le premier prénommé

Je suis le fantôme de cet

Ami anonyme, sans prénom

Qui écrit les mots que j’écris

Dans une chambre tranquille

Dans une maison imbibée d’envoûtement ;

 

Je suis le fantôme de cette maison

Remplie des langues et des yeux

D’un fantôme sans tête

Que je crains pour toujours

Jusqu’à la fin anonyme.

 

Traduction d’Alain Suied La revue improbable N°24, décembre 2002

tiny house

En ce sens, s’il fallait remonter beaucoup plus loin dans la généalogie du Tiny Houses’ Movement, on penserait volontiers aux Cyniques grecs, et à Diogène de Sinope, Il vivait dehors, dans le dénuement, vêtu d’un simple manteau, muni d’un bâton, d’une besace et d’une écuelle. Dénonçant l’artifice des conventions sociales, il préconisait en effet une vie simple, plus proche de la nature, et se contentait d’une jarre – en grec pithos – pour dormir. Il jeta son écuelle après qu’il eût observé un enfant boire l’eau d’une fontaine dans ses mains.

tiny house

Un véritable mouvement va naître en Amérique du Nord en 2003 et faire la promotion du petit habitat. Au sein de ce mouvement, Jay Shafer a pris le chemin des minuscules maisons roulantes (tiny houses on wheels).  Il créé à la fin des années 1990 sa première société Tumbleweed, spécialisée dans ce concept. Un « tumbleweed », est une plante formant une grosse boule d’herbes qui pour se ressemer se casse à la racine et s’en va au grès des vents. C’est ce petit buisson qui traverse la rue désertée avant le duel dans les westerns. Puis il crée FourLightsHouses et forme ceux qui le souhaitent à construire leur propre tiny house.

Dans son livre « The Small House Book » paru en 2008, Jay Shafer  expliquait dans son introduction :

« Je vis dans une maison plus petite que les placards de certaines personnes. Ma décision d’habiter dans seulement 8 m2 est née de certaines préoccupations que j’avais au sujet de l’impact qu’une maison plus grande pourrait avoir sur l’environnement, et parce que je ne veux pas entretenir beaucoup d’espace inutilisé ou inutilisable. Ma maison répond à tous mes besoins, sans exiger beaucoup en retour. Le style de vie simple et lent que cela offre est un luxe pour lequel je suis toujours reconnaissant.

Si les plus petites maisons bien conçues ne sont pas la vague de l’avenir, elles sont certainement une ondulation importante sur cette vague. »

Le mot de la fin sera laissé à la petite fille apparaissant dans le film de Robin Hunzinger, Éloge de la cabane. Interrogée sur les raisons l’ayant conduites à construire sa cabane, elle répond :

« C’est à dire, c’est un bon débarras des parents. »

Un espace de liberté débarrassé de toute autorité… Un point c’est tout.

Ah non pas un point c’est tout !! Après un article historique il faut finir en musique…….

 

 

 

 

Une réponse

  1. Jules
    | Répondre

    J’espere que vous avez d autre article de cette trempe en stock !

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