Isolation épisode 1 : Choisir son isolant, ce qu’il faut savoir…

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Bonjour à tous ! Aujourd’hui je vais essayer de vous parler d’un sujet épineux ! Il s’agit de l’isolation des murs et de la toiture d’une petite maison ! Je crois qu’il s’agit du sujets le plus sensible qui existe dans le monde de la rénovation/construction. Beaucoup de débats existent entre les différents matériaux, les différents fournisseurs et les différentes informations ou non informations sur les caractéristiques globales et performances des produits… Il est très dur d’arriver à comprendre quelque chose, pour causes, les documents descriptives sont très techniques et complexes.

 

Dans ma vie professionnelle, j’ai eu l’occasion de bosser pour différentes entreprises qui proposaient différents matériaux d’isolations. En bonne commerciale que je m’estime être, si je devais vendre de la laine de verre, la laine de verre était le meilleure produit du monde! J’en retenais tous les avantages et je les expliquais à mes futures clients, je faisais en sorte qu’on m’achète moi et pas le confrère ! Au début, c’était plutôt simple. L’entreprise propose une prestation d’isolation qu’elle me demande de vendre, je m’exécute. Rappel : Le métier de commercial dans la rénovation/amélioration et agrandissement de l’habitat est un métier ou tu n’as pas de salaire. Si tu ne vends pas, tu ne manges pas ! Comme je suis plutôt de nature très gourmande, il valait mieux que je vende. Puis j’ai eu l’occasion de passer d’une entreprise à une autre, puis une suivante, puis encore une suivante… Au même moment, je me retrouvais face à des clients qui consultaient mes confrères (encore d’autres entreprises dans le bâtiment avec des méthodes ou pratiques différentes) Plus j’avançais dans ce métier et plus je découvrais de nouveaux produits d’isolations… Et plus je me questionnais sur « quel est la meilleure prestations d’isolations à proposer à mes prospects? » 

 

Dans cet article, je vais essayer de répondre à cette question, bien sûr je t’invite à discuter avec nous de tes connaissances, expériences et choix d’isolants en commentaire en bas de page. Aujourd’hui pas d’histoires drôles, le sujet isolation est trop sérieux pour laisser place à de la rigolade. Je m’excuse d’avance pour la tournure pompante que va prendre cet article. On commence avec les définitions sur les fondamentaux de la thermique

 

La conductivité thermique (exprimée en W/m.°C) : définit le flux de chaleur traversant 1 mètre de matière. C’est la capacité d’un matériau à transmettre ou à retenir la chaleur. Elle permet de comparer la capacité à isoler, de plusieurs matériaux de même épaisseur soumis à 1 degré d’écart entre ses 2 faces. Des tests sont effectués en laboratoires pour déterminer cette valeur puis un certificat ACERMI est délivré au fabricant qui en fait la demande. En France la demande de certificat est une démarche volontaire de la part des fabricants, cela s’inscrit dans une démarche de qualité. Plus la conductivité thermique est faible, plus le matériau est isolant. Pour avoir un ordre d’idée, les matériaux utilisés actuellement telles les laines minérales ou les laines d’origine végétale disposent d’un λ compris entre 0,035 et 0,05 W/m.K.

La résistance thermique du matériau (R exprimée en m2.°C/W) : définit la capacité d’un matériau à isoler pour une épaisseur donnée. Cette valeur est dans la réglementation thermique actuelle, utilisée pour garantir des performances minimales. Pour le calcul de cette valeur, la méthode est simple, il faut diviser l’épaisseur du matériau (en mètre) par le coefficient de conductivité thermique lambda λ (Elle est donnée par le certificat ACERMI ou la fiche technique du fabricant). Plus la résistance thermique est élevée, plus la paroi est isolante.

Le coefficient de transmission surfacique (U anciennement K exprimée en W/m2.°C) : est utilisé pour caractériser une paroi dans sa globalité avec l’ensemble des matériaux qui la compose. Il représente le flux de chaleur qui traverse 1m2 de paroi pour une différence de température de 1°C entre l’extérieur et l’intérieur du bâtiment pour un temps et un gradient de température donnés. Des valeurs « U » conseillées sont souvent indiquées à titre indicatif en vue de l’atteinte d’un niveau de performance énergétique. Par exemple, pour le niveau de performance énergétique BBC, la valeur U requise est de 0,20 W/m2.K et U=0,11 W/m2.K pour le niveau passif. Plus le coefficient de transmission surfacique est faible plus la paroi est isolante.

L’effusivité thermique (b exprimée en Wh0,5/m2.K) : définit la vitesse de réchauffement d’un matériau. Plus b est élevé, plus le matériau peut stocker de chaleur sans se réchauffer.

La masse volumique ou la densité (ρ exprimée en Kg/m3) : permet de connaître la masse d’un matériau par unité de volume. Cette notion permet d’évaluer le comportement d’un matériau face à la propagation de chaleur, car plus cette valeur est élevée plus le matériau sera capable d’emmagasiner la chaleur et donc de la retenir. Par ailleurs cette information permet d’adapter un matériau à un choix d’application. Plus la densité est élevée, plus il y a de matières isolantes au m3 de produit, moins il y a d’air, moins le matériau est isolant l’hiver’ (confort thermique d’hiver) mais plus il protège contre la surchauffe d’été. A l’inverse, plus la densité est faible, moins il y a de matière, plus il y a d’air, plus le matériau est isolant l’hiver (confort thermique d’hiver) mais moins il protège de la surchauffe d’été.

La capacité thermique (C exprimée en kWh/m3.°C) : représente la capacité du matériau à stocker la chaleur, autrement dit, de sa capacité d’inertie. Elle contribue au confort d’été en atténuant les variations de chaleur extérieure et en permettant un lissage de la température intérieure. Plus C est élevé, plus le matériau peut stocker de calories avant que sa température ne s’élève.

Le déphasage (exprimé en heures) : exprime le temps que va mettre le flux de chaleur pour traverser une paroi. Ce paramètre de confort et de performance thermique est issu du principe de l’habitat bioclimatique ou du mas provençal. Il permet en été de ralentir la chaleur dans le mur de l’extérieur vers l’intérieur et le contraire en hiver.  L’idéal dans la construction d’une maison est d’obtenir une paroi présentant une inertie assez forte et un déphasage compris entre 9 et 12 h afin de permettre une diffusion assez régulière de la chaleur sur la journée et d’écrêter les pics de chaleur en été.

La diffusion de vapeur d’eau (μ sans unité et Sd exprimée en mètre équivalent lame d’air) : Le coefficient de résistance à la diffusion de vapeur d’eau μ définit la perméabilité d’un matériau à la vapeur d’eau. Plus le μ est élevé, plus la résistance au passage de la vapeur d’eau est élevée, étanche. La résistance à la vapeur d’eau Sd est exprimée par la formule Sd = μ x épaisseur. Plus la résistance Sd est élevée, plus le matériau sera imperméable au passage de la vapeur d’eau.

 

On continue avec les critères de qualité, réglementaires et règle de pose, il s’agit des notions qui te permettront d’apprécier les qualités de l’isolant que tu souhaites acheter et du sérieux du fournisseur, ainsi qu’une directive de pose du produit isolant sélectionné.

 

Classes de résistance au Feu (Les EUROCLASSES) : La réaction au feu d’un matériau exprime son aptitude à s’enflammer, à contribuer au démarrage et à la propagation d’un incendie. On détermine la réaction au feu des matériaux de construction, d’isolation, de produits de décoration etc … par des essais qui consistent à soumettre les produits à des sollicitations thermiques. On évalue ainsi leur comportement au feu par rapport à des critères de performance qui portent sur leur inflammabilité. A1 étant incombustible.

Le marquage CE (La conformité Européenne) : Ce marquage atteste que le produit mis sur le marché est conforme à sa norme européenne et à la directive des produits de construction (89/106/CE). Il peut circuler librement dans la zone de libre échange européenne puisqu’il est présumé conforme. Le marquage CE est obligatoire depuis mars 2003 pour la mise sur le marché des produits isolants qui répondent à une norme européenne et il est facultatif pour les autres produits isolants.

Marquage NF : certifie la conformité des produits aux normes européennes, mais aussi aux exigences complémentaires des normes françaises. Elle garantie également que les caractéristiques du produit ont été vérifiées et validées par des auditeurs et laboratoires indépendants, et qu’elles sont vérifiées régulièrement par le fabricant. Elle fournit également à l’acheteur, l’assurance que ce produit est apte à être mis en œuvre selon les règles de l’art. La marque NF est délivrée par AFNOR certification.

Documents Techniques Unifiés (DTU) : Les DTU sont des cahiers des charges types pour les travaux, utilisables comme référence pour l’établissement des clauses contractuelles de chaque marché de travaux pour la réalisation d’un ouvrage donné. Ils ont le statut de norme (NF DTU) et sont élaborés par des commissions de normalisation sous le contrôle général de l’AFNOR. A ce titre, ils demeurent strictement optionnels et contractuels, même s’ils jouissent d’une forte reconnaissance comme représentatifs des bonnes pratiques capables d’assurer aux ouvrages réalisés les résultats attendus en termes de qualité, de comportement à l’usage et de durabilité. Ils sont délivrés par la Commission Générale de Normalisation du Bâtiment, dont le CSTB assure le certificat.

Certificat essais thermiques (ACERMI) : Toutes les caractéristiques déclarées sont certifiées : la résistance thermique avec la conductivité thermique, le comportement à l’eau, le comportement mécanique et, selon les cas, la réaction au feu. Pour choisir le produit isolant selon son application dans l’ouvrage, la certification ACERMI définit les niveaux de caractéristiques (normes européennes ou classement ISOLE).

Avis technique CSTB (A-tech) : Un avis technique est un document attestant de l’expertise de manière neutre et impartiale par un groupe d’experts, sur l’emploi d’un produit ou d’un système destiné à la construction. L’avis technique atteste les performances techniques et réglementaires du produit ou système. Sans être obligatoire, un avis technique reste un gage de qualité à l’égard du produit qui dispose ainsi d’une vérification de ses performances.

Fiche de Déclaration Environnementale et Sanitaire (FDES) : Les FDES ont été créées par l’AIMCC il y a près de quinze ans et sont encadrées depuis 2004 par la norme AFNOR NF P 01-010. Elles se basent sur un référentiel commun et prennent en compte l’ensemble du cycle de vie du produit, de l’extraction des matières premières à sa fin de vie, sans oublier les transports, la mise en œuvre et l’usage même du produit. Les FDES constituent ainsi un outil multicritère majeur. On y retrouve une caractérisation du produit : constituants (matières premières, éventuelles substances dangereuses…), produits complémentaires pour la mise en œuvre, emballages, … ; l’unité fonctionnelle du produit et sa durée de vie ; son profil environnemental : indicateurs environnementaux calculés sur l’ensemble du cycle de vie du produit ; les informations santé & confort d’usage : contribution du produit à la qualité sanitaire des espaces intérieurs et de l’eau, contribution à la qualité de vie dans le bâtiment (confort hygrothermique, acoustique, visuel et olfactif) ; ainsi que l’identité de l’émetteur de la FDES. Elles sont collectives (portant sur un même produit fabriqué par plusieurs industriels), ou individuelles (portant sur un produit fabriqué par un industriel). Les FDES peuvent-être vérifiées par une tierce partie indépendante dans le cadre du programme FDE&S. Les fiches sont librement consultables sur la base INIES (www.inies.fr). 

Depuis septembre 2013, les produits de construction doivent posséder une étiquette qui indique le niveau d’émissions du produit posé en polluants volatils dans l’air intérieur : A+ (très faibles émissions) à C (fortes émissions). Cet étiquetage n’informe pas sur la nocivité possible des produits pendant leur pose…

 

On continue avec les labels environnementaux : 

 

Le label FSC (Forest Stewardship Council) : est un label environnemental qui assure que la production d’un produit à base de bois a suivi le cahier des charges d’une gestion durable des forêts, tout en tenant compte des aspects sociaux, économiques et écologiques. Ce label est adapté aux forêts de grandes étendues, type tropicales.

Le label PEFC (Program for the Endorsement of Forest Certification schèmes) : est un label environnemental qui assure que la production d’un produit à base de bois a suivi un cahier des charges d’une gestion durable des forêts, basé sur les préconisations des conférences d’Helsinki (1993), Lisbonne (1998) et Vienne (2003). Ce label a été créé pour pallier le fait que le FSC n’est pas adapté au morcellement des forêts européennes.

AB (Agriculture Biologique) : La marque AB est une marque collective, d’usage volontaire, et propriété du ministère de l’agriculture. Elle identifie les produits d’origine agricole qui respectent, depuis le producteur jusqu’au consommateur, la règlementation et le contrôle bio tels qu’ils sont appliqués en France, ainsi que de fortes exigences de traçabilité.

ECO CERT : est un organisme de contrôle et de certification, dont l’activité est encadrée par les pouvoirs publics et la législation (agréé par le ministère de l’agriculture et de la pèche, et par le ministère des finances et de l’industrie). En termes de structure et de procédure, ECO CERT est accrédité par le COFRAC, et s’appuie sur les normes européennes en vigueur pour délivrer le label.

Natureplus : ce label est celui de la qualité internationale pour les produits de construction et de l’habitat qui oriente tous les acteurs de la construction vers la durabilité. Les produits ayant reçu le label de qualité natureplus® sont des produits haut de gamme du point de vue de la santé, de l’environnement et de la fonctionnalité, tant au niveau de leur composition, qu’au niveau des énergies utilisées pour leur production. De plus, Natureplus s’engage ensuite à promouvoir le produit labellisé auprès des clients.

NFB (Natural Fiber Board) : est une nouvelle marque de produits naturels qui certifie que les panneaux de fibres dures répondent aux normes Européennes dans le domaine environnemental. Ce label NFB assure que les panneaux portant ce label sont respectueux de la santé et de l’environnement.

 

On continue maintenant avec un tour d’horizon des différents isolants existants sur le marché. On distingue ainsi :

  • l’isolation issue de matières minérales “naturelles” ;
  • l’isolation issue de ressources végétales ou animales ou recyclées (isolant dit biosourcés) ;
  • l’isolation issue de ressources organiques (pétrochimie) ;
  • les barrières « radiantes » ou isolants thermo réflecteurs.


Les Isolants en laine minérale sont principalement mises en œuvre en France pour l’isolation des habitations individuelles et des bâtiments collectifs (plusieurs millions de mètres cubes par an). Les entreprises du bâtiment et des travaux publics en sont les principales utilisatrices. Les laines minérales sont des fibres inorganiques synthétiques appartenant à la famille des fibres minérales artificielles. Elles sont également nommées « laines d’isolation ». Les laines minérales contiennent plus de 90 % de fibres ; 3 à 5 % en moyenne de liants organiques [résines phénoliques (formol-phénol ou urée- formol-phénol), résines acryliques, liants à base de polysaccharides] qui assurent la cohésion du produit ; moins de 1 % d’huile, qui limite l’émission des poussières et l’absorption de l’eau. Remarque : Les fabricants de laines minérales intègrent désormais les aspects sanitaires et environnementaux dans la conception de leurs nouveaux produits : certaines marques proposent désormais des laines minérales avec des liants organiques ou d’origines végétales n’émettant pas ou peu de formaldéhydes. Les constituants sont fondus entre 1 050 °C et 1 500 °C. La masse vitreuse fondue est ensuite fibrée par différents procédés rotatifs. Après refroidissement, les fibres sont encollées par pulvérisation de liants. Le matelas formé est stabilisé par un chauffage en étuve qui permet de polymériser les liants. Des revêtements peuvent ensuite être collés ou cousus et les produits sont alors conditionnés selon l’application. Les produits finis se présentent sous des aspects variés (NF B 20-001) : feutres d’épaisseur supérieure à 10 mm sous forme de rouleaux, bandes, nappes ou matelas ; panneaux rigides ou semi-rigides ; coquilles préformées en cylindres annulaires ; laines à projeter ; flocons ; produits moulés. Depuis le scandale de l’amiante, finalement interdite en janvier 1997, le danger des laines minérales pour la santé a fait l’objet d’une importante controverse scientifique. L’extrême finesse des fibres des laines minérales leur permet, comme l’amiante, de pénétrer très profondément dans les alvéoles pulmonaires. La polémique porte sur leur caractère cancérogène. Bien que l’on n’ait pas pu établir de lien statistique entre l’exposition à ces fibres et le cancer du poumon, plusieurs études dans divers pays ont abouti à leur classement par le Centre international pour la recherche sur le cancer (CIRC) en juin 1987 comme « cancérogènes possibles pour l’homme » (groupe 2B). Les fabricants ont réagi en modifiant légèrement la composition des fibres de manière à améliorer leur solubilité et à réduire leur « biopersistance » dans l’organisme. Résultat, les laines minérales ont été reclassées par le CIRC en octobre 2001 dans le groupe 3 « effets cancérogènes possibles mais insuffisamment évalués ».

  • La laine de verre : Est un matériau isolant fabriqué à partir de produit naturel, sable et verre recyclé ou calcin, par fusion et fibrage. Elle se présente généralement sous la forme d’un matelas de fibres enchevêtrées emprisonnant de l’air immobile. On l’utilise dans le bâtiment pour l’isolation thermique et l’isolation phonique ou encore comme absorbant pour la correction acoustique ou dans la protection contre les incendies. En termes de performance thermique , le lambda (ou conductivité thermique) des laines de verre varie de 0.030W/(m.k.) à 0.040W/(m.k). Les résistances thermiques courantes peuvent donc, pour une même épaisseur de produit, varier de R = 2,50 m2 K/W à R = 3,30m2K/W en 100 mm et aller par exemple en monocouche jusqu’à R = 6.85m2.K/W en 240mm pour une laine en lambda de 0.035W/(m.K) ou 7,50m2K/W en 300 mm pour une laine en lambda de 0.040W/(m.K). La laine de verre équipe plus de 75% des foyers français et est aussi l’isolant le plus utilisé dans le monde.

 

  • La laine de Roche : Est un matériau isolant fabriqué à partir d’un matériau naturel issu de l’activité volcanique, le basalte, par fusion et fibrage. C’est un isolant certifié pour un usage dans le bâtiment tant pour l’isolation thermique que l’isolation phonique ou pour la protection des ouvrages contre les incendies. En termes de performance thermique , le lambda (ou conductivité thermique) des laines de roche varie de 0.042W/(m.k) à 0.033W/(m.k.). Les résistances thermiques courantes peuvent donc varier pour une épaisseur de produit de 100 mm de R = 2,35 m2 K/W pour la plus classique à R = 3 m2K/W pour la plus performante. En monocouche, des épaisseurs jusqu’à 260 mm sont disponibles (résistance thermique maximale en monocouche R = 7.2 m2K/W).

 

♥  Bonnes performances techniques quand elles sont neuves et correctement mises en œuvre :

– Très perméable à la vapeur d’eau mais non capillaire,

– Non putrescible ne favorisant pas le développement de moisissures,

– Moyen à bon affaiblissement acoustique en tant que ressort,

– Non combustible MO ou M1, EUROCLASSE A1, A2.

♥  Les matières premières étant le sable, la silice ou le basalte ; ces ressources ne sont pas renouvelables mais disponibles en très grande quantité.
♥ Coût de l’isolant attractif.
 
↓ La production de la laine minérale est un processus assez énergivore (pour une densité de 35 kg/m3, le processus consomme 470 kWh/m3).
Emission importante de gaz à effet de serre lors de sa production, mais également de particules, COV, fluorides, chlorides et solvants.
↓ Les fibres sont irritantes pour la peau, les yeux, les voies respiratoires et peuvent provoquer lésions, rougeurs et démangeaisons.
↓ Favorise le développement de champs électromagnétiques.
↓ Nécessite la présence d’un pare- vapeur ou frein-vapeur continu.
↓ Difficilement recyclables à cause de la présence de résines et de la dégradation technique du matériau en fin de vie
 

 

Le terme « matériaux de construction biosourcés » est sujet à diverses interprétations, la définition retenue est celles apportée par le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB) : « L’ensemble des matériaux et produits dont une partie des matières premières est issue du monde du vivant (biomasse végétale et animale incluant les matières recyclées, fibres de bois comprises mais hors bois d’oeuvre) ». Les matériaux retenus sont : chanvre, lin, ouate de cellulose, fibres de bois, paille, liège, fibres de coton recyclées, plume de canard, laine de mouton et roseaux. Les premières productions de panneaux ou de plaques de liègeainsi que de laine de bois en rouleaux datent des années 60. Les fibres de bois sont apparues dans les années 70. Les premières laines de chanvre et de lin datent de 1998. Il n’existe plus de fabricant français d’isolant en plumes de canard. Suite à un mandat de la Commission Européenne, des travaux  normatifs européens ont vu le jour afin d’élaborer des normes sur les produits biosourcés. Ils portent sur la terminologie, les solvants biosourcés, le contenu en biosourcés, les critères de durabilité et l’analyse du cycle de vie, les outils de déclaration et de certification. Ces travaux sont suivis en France par la commission gérée par AFNOR et le BNPP (Bureau de Normalisation des Plastiques et de la Plasturgie). L’utilisation de matériaux biosourcés concourt significativement au stockage de carbone atmosphérique et à la préservation des ressources naturelles. C’est pourquoi elle est encouragée par les pouvoirs publics lors de la construction ou de la rénovation des bâtiments. Attention, toutefois, aux idées reçues : les matériaux biosourcés ne sont pas nécessairement 100 % naturels et sans impact pour l’environnement. Ils peuvent parfois être transformés, contenir des additifs chimiques en proportions variables ou avoir été transportés sur de longues distances. Dans une démarche de construction durable, il est donc préférable d’utiliser des matériaux biosourcés locaux et le moins transformés possible. Certains matériaux biosourcés sont disponibles en grande quantité sur le territoire français pour le secteur du bâtiment. Citons notamment : la paille : si on utilisait seulement 5 % de la paille qui retourne au sol, on pourrait isoler 500 000 logements par an ; le chanvre : la France est le premier producteur en Europe, avec une production annuelle de 8 000 à 10 000 hectares 2 ; le textile recyclé : 600 000 tonnes de déchets de textiles sont produits chaque année par les ménages et autant par les entreprises, la production actuelle d’isolant est d’environ 3 000 tonnes par an. En 2012, la base Inies (base de données des Fiches de déclarations environnementales et sanitaires FDES) affiche 278 fiches dans la rubriques isolation, dont seulement 11 relatives aux isolants biosourcés, donnant la composition des isolants. REMARQUE : Aujourd’hui, il est difficile d’afficher l’énergie grise (énergie nécessaire pour fabriquer le produit) pour chaque matériau. En effet, les méthodes de calcul et les cadres de référence d’analyse peuvent différencier entre chaque analyse de vie ; ce qui rend ces données incomparables entre elles. Cette problématique de fiabilité, neutralité et comparabilité des données environnementales a occasionné la mise en place d’un projet Interreg 4B « CAP’EM » avec 11 partenaires de 5 pays. Ce projet consiste à développer une méthodologie d’analyse en cycle de vie simplifiée et harmonisée afin d’obtenir des données environnementales comparables entre-elles. A terme, plus de 150 matériaux de construction seront analysés. Les données relatives à l’énergie grise seront affichées dès leur parution sur le site www.capem.eu

 

  • Le liége : Est un matériau naturel historiquement destiné à la décoration des murs et des sols et à l’isolation acoustique. Pour délivrer des performances thermiques conformes à la réglementation thermique, il est nécessaire d’avoir recours à du liège manufacturé aggloméré ou expansé. Proposé sous forme de granulés ou de panneaux, la conductivité thermique déclarée du liège varie de 0.038 à 0.043 W/(m.K) mais il existe sur le marché des isolants en liège expansé pur dont le lambda est certifié à 0.040 W/(m.K). Les épaisseurs variant de 30mm avec R = 0.60 m2.K/W à 200mm avec R= 5 m2.K/W. Le liège expansé en panneaux est utilisé dans l’habitat pour l’isolation tant en murs qu’en toiture ; sa bonne résistance à la compression lui permet également d’être utilisé en applications nécessitant de fortes résistances mécaniques (dalle, toiture-terrasse). Il est naturellement imputrescible et possède une bonne stabilité dans le temps. Des certifications Acermi ont été délivrées pour certains panneaux de liège. La densité du matériau varie de 100 à 190 kg/m3, le coefficient de diffusion a la vapeur d’eau varie entre 5 et 10. Déphasage : 8 à 10 heures pour une épaisseur de 100mm.

 

♥ Isolant imputrescible et résistant à la compression,

♥ Pas d’additifs pour l’agglomération des panneaux,

♥ Très bon isolant acoustique (affaiblissement de 25 à 45 dB(A) pour une épaisseur de 5 cm),

♥ Recyclable, ce matériau est biodégradable et peut-être utilisé pour produire de l’énergie. Il peut également contenir des produits recyclés (bouchons en liège)

♥ Bon comportement au feu, classé M2 (difficilement inflammable)

 

↓ Ressource renouvelable illimitée mais en faible disponibilité car forte demande actuelle (démasclage possible tous les 8 à 10 ans),

↓ Coût élevé, prix cinq à six fois supérieur à la laine de verre de base,

↓ Importé d’Espagne ou Portugal (impact du transport sur l’environnement) ; Sauf pour le liège recyclé (Belgique).

 

  • Laine de bois : Sont élaborés à partir de bois ou de résidus de manufactures de bois défibrés selon un procédé industriel par voie sèche ou humide. Ce procédé permet d’obtenir des fibres liées entre elles avec ou sans adjuvant afin d’obtenir un produit plus ou moins souple. Les isolants en fibre de bois se présentent sous la forme de panneaux, feutres ou flocons pour l’isolation thermique et acoustique des bâtiments. Pour assurer la résistance aux insectes, aux moisissures et champignons, les isolants à base de fibre de bois reçoivent généralement des traitements complémentaires fongicides et insecticides. Ils peuvent également recevoir des traitements ignifuges afin d’améliorer leur comportement en réaction au feu. Comme tout matériau d’origine végétale , la fibre de bois est hygroscopique. Elle perd en performance lorsqu’elle est en contact avec de la vapeur d’eau, et toute retenue d’humidité est susceptible d’engendrer des dégradations telles que moisissures, pourrissement, etc. Certains de ces isolants possèdent une certification Acermi. La densité du matériau varie de 35 à 280 kg/m3, le coefficient de diffusion a la vapeur d’eau varie entre 1 et 5. Déphasage : 8 heures pour une densité de 50 à 50 kg/m3. Le coefficient de conductivité thermique (ou lambda) des isolants en fibre de bois varie en fonction :
    • de la masse volumique : de 0,038 à 0.045 W/m.K
    • de la reprise d’humidité de l’isolant qui influe sur la conductivité thermique : dans ce cas, la valeur du lambda utile est majorée de 0,005 à 0,008 W/m.K (pour rappel, plus le lambda est élevé, moins le produit est performant). La valeur déclarée doit être le lambda utile prenant en compte la reprise d’humidité. 

 

♥ Bonnes performances thermique et acoustique, avec une contribution au confort d’été et une résistance à la compression,

♥ Diversité de produits et d’applications avec possibilité d’être pare-pluie ou support d’enduit,

♥ Ressources naturelles élevé,

 

↓ La laine de bois et bois en vrac peuvent nécessiter un traitement chimique contre les moisissures ou les attaques d’insectes, parfois imprégnés de bitume, paraffine ou latex et contient souvent des fibres de polyester de structure et des retardateurs au feu « chimique » avec possible dégagement de COV et émission de poussière plus ou moins prononcée,

↓ Recyclable, mais non intégralement biodégradable selon les liants et adjuvants incorporés,

↓ Coût relativement élevé, prix quatre fois supérieur à la laine de verre.

 

  • La laine de chanvre (chènevotte, partie fibreuse de la plante) : est un matériau issu de fibres naturelles conditionnées Après défibrage mécanique, les fibres sont conditionnées sous forme de nappes, auxquelles est ajouté un liant à base de fibres de polyester (entre 10 et 25 %) afin de constituer un matelas fibreux souple et d’assurer la cohésion de ce matelas. Composée suivant sa fabrication de 40 à 85% de fibres de chanvre, elle peut recevoir des additifs comme le coton ou le jute pour compléter sa composition. Elle s’utilise comme la laine de verre ou la laine de roche. Elle offre des performances aussi bien en termes d’isolation thermique que d’isolation acoustique. Sa conductivité thermique varie de 0.039 à 0.045W/mK. Des avis techniques pour certains fabricants de panneaux et rouleaux à base de fibres de chanvre sont disponibles. Il existe également des fiches de déclaration environnementale et sanitaire (FDES) pour certaines laines de chanvre. La densité du matériau varie de 25 a 40 kg/m3, le coefficient de diffusion a la vapeur d’eau varie entre 1 et 2. Déphasage : 3 à 5 heures pour une épaisseur de 100mm.

 

♥ Bonnes performances thermique et acoustique avec contribution au confort d’été et bonne régulation de l’humidité, la laine de chanvre ne se dégrade pas en cas d’absorption de vapeur d’eau,

♥ La culture de chanvre est une culture locale nécessitant peu d’engrais et d’eau. Elle peut représenter un revenu supplémentaire pour l’agriculteur car elle peut-être effectuée sur des terres en jachère,

♥ Faible émission de gaz à effet de serre sur la durée de vie du produit : le chanvre stocke du CO2 lors de la vie de la plante,

♥ Naturellement résistante aux attaques d’insectes, la laine de chanvre repousse les rongeurs,

♥ Classement au feu B2/E

 

↓ Contient parfois des retardateurs au feu « chimique » et des fibres de polyester de structure (liant)

↓ Affections possibles par inhalation de poussières lors de la mise en œuvre, (cannabiose dans le cadre du chanvre), pas d’informations disponibles sur les effets sanitaires de l’inhalation des fibres végétales

↓ Coût relativement élevé, deux à trois fois supérieur à la laine de verre de base.

 

  • La laine de lin : est produit à partir des fibres qui ne sont pas employées par l’industrie textile, partie basse du végétal. La fibre de lin est cardée de manière à produire des couches superposées de fibres, liées entre elles avec 20% de fibres polyester thermofusibles ou de polymère de maïs pour former un matelas laineux. Du textile effiloché (recyclage de vêtements usagés) peut aussi compléter cette composition jusqu’à 30%. Les isolants en laine de lin reçoivent un traitement afin de prévenir le développement de moisissures ainsi que des traitements complémentaires antifongique, insecticide, ignifugeant, antistatique (Borax, silicate de sodium)…Il convient donc de vérifier la composition exacte des produits isolants proposés. La mise sur le marché de ces produits est sous forme de rouleaux ou de panneaux. La conductivité thermique varie de 0.037W/mK à 0.042W/mK voire plus selon la composition du produit et varie en fonction de l’humidité ; dans ce cas, le lambda utile est majoré de 0,005 W/mK. Ce produit isolant étant issu de matières premières de qualité et de nature variables, la conductivité thermique ne peut pas être garantie. La masse volumique du matériau peut varier de 20 a 25 kg/m3, le coefficient de diffusion a la vapeur varie entre 1 et 2. Déphasage : 3 à 5 heures pour une épaisseur de 100mm.

 

♥  Le lin est majoritairement cultivé en régions Nord Pas-de-Calais, Picardie et Normandie ce qui en fait une culture locale pour une utilisation en région Nord Pas de Calais. De plus, les filières courtes de production de lin se structurent à l’initiative des teilleurs de lin, le pays des moulins et du CD2E,

♥  Faible émission de gaz à effet de serre sur la durée de vie du produit : le lin stocke du CO2 lors de la vie de la plante,

 

↓ Contient parfois des retardateurs au feu « chimique » et des fibres de polyester de structure (liant),

↓ Affections possibles par inhalation de poussières lors de la mise en œuvre, (byssinose possible en cas de surexposition aux fibres lors de mises en œuvre répétées), pas d’informations disponibles sur les effets sanitaires de l’inhalation des fibres végétales,

↓Coût relativement élevé, deux à trois fois supérieur à la laine de verre de base.

 

  • Botte de paille : utilisée depuis des siècles sous forme de torchis, la paille revient dans le bâtiment sous forme de bottes de paille utilisées comme isolant et support d’enduit. Les démarches entreprises par le Réseau Français de la Construction en Paille (RFCP) ont abouti à la validation par l’AQC de règles professionnelles de construction en paille n 2011. La première maison construite en France grâce à ce matériau remonte à 1921 et est toujours habitée. Elle témoigne de la pérennité de cet isolant permettant de réaliser des parois très performantes thermiquement à partir d’un sous-produit agricole largement disponible.  La conductivité thermique varie de 0,052 à 0,080 W/(m.K) selon l’orientation des fibres.

     

    ♥ Bonnes performances thermique et acoustique (lors de sa mise en oeuvre avec un mortier argile/chaux) avec contribution au confort d’été, le mur est respirant du fait de l’air contenu dans les tiges et du caractère hygroscopique du matériau paille, de par sa capacité à laisser le mur respirer et à réguler l’humidité de l’habitat, la paille contribue à conserver une atmosphère saine.

    ♥ Matériau avec un très bon écobilan : la paille est une ressource renouvelable disponible en très grande quantité. De plus, on peut trouver de la paille de façon uniforme sur le territoire français, ce qui fait d’elle une ressource locale et limite donc le transport. Ensuite, la paille ne nécessite pas de transformation, aucun traitement chimique et donc pas d’énergie. Enfin, en termes d’émissions de CO2, la paille est neutre du fait de l’accumulation de dioxyde de carbone lors de sa culture,

    ♥ Les constructions et rénovations en bottes de paille sont facilement assurables, car couvertes par des règles professionnelles et facile à mettre en oeuvre,

    ♥ Le coût de la botte de paille dépend de sa provenance, et si elle est considérée comme un matériau de récupération ou non. Rapport performance / coût matière inégalé,

    ♥ Classée équivalent M1 en Allemagne,

     

     ↓ Choix de ce matériau à intégrer très en amont, dès la conception du projet, la construction en bottes de paille propose par définition des murs à forte épaisseur (32 à 45 cm)

    ↓ Nécessité d’enduire à l’intérieur et l’extérieur pour protéger les bottes de paille du feu, des intempéries et des rongeurs,

    ↓ Seule la paille moisie peut présenter un risque allergène et d’asthme lorsqu’elle contient donc des spores et champignons. De plus, la pose d’un enduit inhibe tout risque allergisant de la paille.

     

  • La laine de mouton : est fabriquée en rouleaux, en panneaux semi-rigides ou en vrac ; elle peut être utilisée en isolation des bâtiments : combles perdus, rampants, sous-plancher, plafond et murs. La conductivité thermique varie de 0.035W/mK à 0.042W/mK et varie en fonction de l’humidité ; dans ce cas, le lambda utile est majoré de 0,005 W /m.K. Ce produit isolant étant issu de matières premières de qualité et de nature variables, Il s’agit en général de laine impropre pour l’industrie textile. La conductivité thermique ne peut pas être garantie (variation de plus à moins 10%) sauf dans le cas de produits certifiés (Acermi) ou sous Avis Technique, conformément au référentiel européen qui reprend pour ces produits les caractéristiques, unités, méthodes d’essais, etc. …des normes européennes des autres familles de produits isolants. Tout comme les isolants d’origine végétale, elle nécessite de l’ordre de 15% de liant sous forme de fibre polyester afin d’assurer la cohésion et la tenue du matelas. Ces isolants d’origine animale reçoivent des traitements complémentaires antifongique, insecticide, ignifugeant … Il convient donc de vérifier la composition exacte des produits isolants proposés . Lorsque ces produits isolants ne reçoivent pas de traitement, les risques de croissance fongique, de développement d’insectes peuvent entraîner des pathologies du bâtiment. La masse volumique du matériau peut varier de 13 a 35 kg/m3, le coefficient de diffusion a la vapeur d’eau peut varier de 1 a 2. Déphasage : 3 à 5 heures pour une épaisseur de 100mm.

 

♥ Bonnes performances thermique et acoustique,

♥ Ressource renouvelable par excellence, facilement recyclable sauf si les fibres sont cardées au polyester,

♥ La laine de mouton peut emmagasiner jusqu’à près de 30% de son poids en eau et la rediffuser après, quand l’atmosphère s’assèche,

♥ Classement au feu M1 (difficilement inflammable),

 

↓ Inertie thermique limitée du fait de la faible masse volumique de celle-ci : la laine de mouton convient moyennement pour le confort thermique d’été,

↓ Problème des mites qui peuvent être attirées après le lavage du suint. Possibilité d’ajouter des produits antimites relativement toxiques,

↓ Dégage une légère odeur,

↓ Prix relativement élevé, deux à trois fair supérieur à la laine de verre.

 

  • Ouate de cellulose : Les produits isolants à base de cellulose sont fabriqués à partir de journaux recyclés ou encore des coupes de papier neuf d’imprimerie. Le papier est moulu, puis reçoit un traitement antifongique, ignifuge, insecticide (sels de bore, borax, acide borique, hydrate d’alumine ou hydroxyde d’aluminium). La ouate de cellulose est commercialisée en vrac pour épandage manuel ou insufflation mécanique ainsi qu’en panneaux. Lorsqu’elle est commercialisée sous forme de panneaux, la ouate de cellulose peut être liée à base de fibres polyoléfines (polypropylène, polyéthylène), elle peut aussi être adjuvantée de fibres de coton 20% et les fibres sont alors liées par fibres de polyester 20%. Elle présente une conductivité thermique à l’état sec qui varie de 0,035 à 0,041W/mK. Ce matériau est particulièrement sensible à l’humidité et au tassement (minimum 20%). Le lambda doit donc être majoré de 0,005 W/mK. Ce produit isolant étant issu de matières premières de qualité et de nature variables, la conductivité thermique ne peut pas être garantie (variation de plus à moins 10%) sauf dans le cas de produits certifiés ou sous Avis Technique, conformément au référentiel européen qui reprend pour ces produits les caractéristiques, unités, méthodes d’essais …des normes européennes des autres familles de produits isolants. La ouate de cellulose pour la construction est fabriquée en usine. En France, il existe plusieurs fabricants de produits de construction à base de ouate de cellulose. À ce jour, seulement 50 % des déchets de journaux sont recyclés. La filière pourrait donc encore se développer. La masse volumique du matériau peut varier de 25 a 260 kg/m3, le coefficient de diffusion a la vapeur d’eau entre 1 et 2. Déphasage thermique de 3,5 à 5 heures pour 100 mm insufflés à 60kg/m3.

 

♥ Bonnes performances thermique et acoustique avec contribution au confort d’été et bonne régulation de l’humidité (peut absorber jusqu’à 15% de son poids en eau,

♥ Provient de produits recyclés et nécessite peu d’énergie lors de sa production,

♥ Recyclable à 100%, biodégradable,

♥ Offre commerciale importante et prix compétitif,

 

↓ Produit non résistant au feu naturellement, doit être traité chimiquement (ajout d’alumine et d’acide borique), produit classé M1 une fois traitée (non inflammable), ne provoque pas de dégagements toxiques en cas d’incendie M4 (E) sans traitement,

↓ Affections possibles par inhalation de poussières ou exposition prolongée au bore lors de la mise en œuvre (port de masque conseillé); Une fois (correctement) posée, la ouate de cellulose n’émet plus de poussières,

↓ Possible odeurs et émissions de formaldéhydes dues aux résidus d’encre et additifs (en fonction des qualités de ouate),

↓ Risque de tassement si non respect des densités prescrites.

 

  • Le textile recyclé, Métisse : La production de matériaux de construction à base de textile recyclé est réalisée principalement grâce aux chutes de l’industrie textile et aux vêtements usagés des ménages qui sont rapportés dans des bennes de tri. Après un tri selon les matières, les tissus sont découpés, hachés et défibrés puis mélangés dans des proportions constantes de coton, laine et acrylique. Les fibres sont ensuite thermoliées avec du polyester pour former des rouleaux ou panneaux semi-rigides de densité variable. Le textile recyclé de construction est fabriqué en usine. En France, il existe plusieurs fabricants de produits isolants à base de textiles recyclés. Des avis techniques existent pour des panneaux et rouleaux à base de textiles recyclés pour l’isolation des murs et toitures. La conductivité thermique varie de 0.039W/mK à 0.042W/mK. La masse volumique du matériau peut varier de 18 a 75 kg/m3, le coefficient de diffusion a la vapeur d’eau varie entre 1 et 3.

 

♥ Bonnes performances thermique et acoustique (coton), les fibres textiles constituant le matériau lui confèrent une résistance à la compression et une bonne tenue dans le temps,

♥ Bonne régulation de l’humidité, peut absorber jusqu’à 25 % de son poids en eau car il est constitué en majorité de coton. Le coton à la propriété de pouvoir absorber la vapeur d’eau et de la restituer sans que cela ne nuise à ses capacités thermiques,

♥ Le matériau n’émet pas de poussières ou de COV lors de sa pose et pendant son utilisation,

♥ Matériau à 100% recyclable. L’isolant à base de textile recyclé peut-être directement réutilisable pour refabriquer des panneaux ou rouleaux. Produit composée à 80 % de produits recyclés, 

♥ L’un des avantages du textile recyclé est sa facilité de pose : en effet ce matériau est facilement découpé par un couteau à laine de verre et posé entre des montants en bois et rails métalliques,

♥ Ce matériau s’inscrit en plus dans une démarche sociale (lutte contre l’exclusion),

 

↓ M4 seul, M1 avec parement (non inflammable) en plaque de gypse. Egalement disponible seul M1 mais avec produit de traitement ignifuge « chimique »,

↓ Tassement possible en application verticale.

 

Les matériaux synthétiques, polystyrène, polyuréthane, polychlorure de vinyle (PVC)…issus de ressources pétrochimiques. On les appelle aussi les polymères, autrement dit : il s’agit de différentes formes de plastique ! Leur fabrication provient du mélange de différents composants chimiques avec de l’eau et parfois du gaz, donc non renouvelables et fortement émetteurs de gaz à effet de serre, c’est ce que l’on appelle l’énergie grise. Ce ne sont pas les matériaux les plus écologiques… mais ils présentent d’autres atouts.Pour la plupart dépourvus de toute sensibilité à l’humidité, ces matériaux peuvent être particulièrement indiqués pour le traitement des zones fortement soumises à l’humidité (soubassement, sous-dalle…). Cette caractéristique les rend par contre impropres à un usage sur des parois à fort enjeu hygroscopique que l’on rencontre fréquemment dans le bâti ancien. Le développement de l’isolation par l’extérieur a également beaucoup profité au polystyrène, bien que ce ne soit pas le seul matériau utilisable pour cette application.

 

  • Polystyrène expansé PSE : est effectuée par expansion à la vapeur d’eau des billes de polystyrène pour former un isolant à structure cellulaire fermée et remplie de pentane résultant de l’expansion de la bille. Les billes sont composées de monomère styrène. Le polystyrène expansé peut aussi être utilisé comme emballage alimentaire. Tout comme pour les laines minérales, un habitat isolé avec 100 m2 de PSE entraîne une réduction de 3 tonnes de CO2 par an. Il se conditionne sous forme de billes pour l’insufflation, dans les béton et enduits Légers ou éléments de maçonnerie allégés. Le domaine d’emploi le plus fréquent est les panneaux avec une plaque de plâtre comme doublage intérieur ou comme poutrelles/hourdis. Il existe aussi un PSE graphité de couleur grise et de λ = 0.032 W/m.°C utilisé pour l’isolation par l’extérieur, sa mise en œuvre doit être de la sorte à le protéger des ultraviolets. LA CONDUCTIVITE THERMIQUE PEUT VARIER DE 0,028 A 0,038 W/M.°C. La masse volumique du matériau peut varier de 10 a 30 kg/m3, le coefficient de diffusion a la vapeur d’eau varie entre 20 et 100.

 

♥ Très bon isolant thermique, matériau non altérable en présence de l’eau, matériau peu perspirant, non hygroscopique, non capillaire,

♥ Très bonne durabilité, stabilité dimensionnelle et résistance à la compression,

♥ Mise en oeuvre aisée et maitrisée, 

♥ Cout très faible,

 

↓ Bilan carbone très mauvais et énergie grise élevée, dégagement de pentane (pollution de l’ozone),

↓ Propriété d’isolation acoustique médiocre,

↓ Difficilement recyclable, matière première limitée (pétrole)

↓ Facilement dégradable par les rongeurs,

↓ Sensible au feu EUROCLASSE E, dégagement de gaz toxique en cas de coupe à chaud et risque grave en cas d’incendie.

 

  • Polystyrène extrudé XPS : La fabrication est effectuée à partir de billes de monomère styrène mélangées et extrudées avec un agent gonflant : CO2 pour les performances thermiques courantes (0.035W/(m.K)) ou des gaz HFC pour des performances thermiques supérieures (0.029W/(m.K)). Ces isolants ont une peau de surface étanche à l’air et sont à cellules fermées. Outre les usages classiques en bâtiment, les polystyrènes extrudés sont particulièrement appropriés pour les applications qui nécessitent une très forte résistance mécanique aux charges ou pour les applications qui nécessitent un comportement à l’eau à long terme (dallages industriels, terrasses circulables, terrasses végétalisées, toitures inversées…). Cet isolant est commercialisé sous la forme de panneaux. LA CONDUCTIVITE THERMIQUE PEUT VARIER DE 0,029 A 0,035 W/M.°C.La masse volumique du matériau peut varier de 25 a 45 kg/m3, le coefficient de diffusion a la vapeur d’eau varie entre 80 et 200.​

 

♥ Très bonne durabilité, stabilité dimensionnelle et résistance à la compression,

♥ Matériau non altérable en présence d’eau, très peu perspirant, non hygroscopique, non capillaire.

♥ Coût relativement faible,

 

↓ Bilan carbone très mauvais et énergie grise élevée, dégagement de pentane (pollution de l’ozone),

↓ Propriété d’isolation acoustique médiocre,

↓ Difficilement recyclable, matière première limitée (pétrole)

↓ Facilement dégradable par les rongeurs,

↓ Sensible au feu EUROCLASSE E, dégagement de gaz toxique en cas de coupe à chaud et risque grave en cas d’incendie.

 

  • Polyuréthane PUR : La fabrication est effectuée à partir de moussage d’un composé de polyols, Méthylène diisocyanate, agent gonflant et additifs, entre deux parements d’aluminium de 50 microns qui assurent l’étanchéité à l’air de l’isolant et la pérennité de ses performances thermiques dans le temps. Cet isolant à cellules fermées contient un gaz à faible conductivité thermique (meilleur que l’air immobile dont le lambda est à 0.025 W/(m.K). Les isolants en polyuréthane ont une conductivité thermique qui varie de 0,021 W/(m.K) à 0,028 W/(m.K) suivant la technique de production et les types de parements utilisés. Outre les usages classiques en bâtiment, les polyuréthanes sont particulièrement appropriés pour les applications qui nécessitent une très forte résistance mécanique aux charges ou pour les applications qui nécessitent un comportement à l’eau à long terme (dallages industriels, terrasses circulables, terrasses végétalisées, toitures inversées…). Le polyuréthane expansé est un excellent isolant thermique : à résistance thermique égale, les épaisseurs des panneaux sont plus faibles qu’avec les autres isolants. Il en faut donc moins pour une même performance ! LA CONDUCTIVITE THERMIQUE PEUT VARIER DE 0,024 A 0,03 W/M.°C.​ La masse volumique du matériau peut varier de 25 a 50 kg/m3, le coefficient de diffusion a la vapeur d’eau varie entre 30 et 200.​​

 

♥ Le meilleur isolant en terme d’épaisseur,

♥ Grande résistance à la compression,

♥ Conductivité thermique très faible, 

♥ Matériau insensible à l’eau,  peu à très peu perspirant, non hygroscopique, non capillaire,

 

↓ Bilan carbone très mauvais et énergie grise élevée, dégagement de pentane (pollution de l’ozone),

↓ Propriété d’isolation acoustique médiocre,

↓ Difficilement recyclable, matière première limitée (pétrole)

↓ Facilement dégradable par les rongeurs,

↓ Sensible au feu EUROCLASSE C S3-d0 ou M2, dégagement de gaz hautement toxique en cas d’incendie,

↓ Coût relativement élevé.

 

  • Les Aérogels : Mis au point en 1931 par un chimiste Américain, le procédé de fabrication à été développé par la NASA pour l’isolation des satellites. Il consiste a extraire l’eau d’un gel de silice et à la remplacer par de l’air. Il est Composé d’air à 99.8% contenu dans de minuscules alvéoles de verre de l’ordre de 2 nanomètres qui empêche tout mouvement des molécules d’azote et d’oxygène de l’air. Il se présente sous la forme de matelas de textile mince commercialisé en rouleau de 5 à 10mm d’épaisseur et sont idéaux pour la rénovation. Ils peuvent se fixer verticalement par vissage sur panneau OSB, sur dalle existante, en traitement des ponts thermiques des huisseries et présentés en vrac, ils peuvent servir en remplissage de petites cavités. Peu, voire aucun produit de ce type ne béné cie actuellement de reconnaissance technique en France. LA CONDUCTIVITE THERMIQUE PEUT VARIER DE 0,011 A 0,013 W/M.°C. La masse volumique du matériau peut varier de 60 a 80 kg/m3, le coefficient de diffusion a la vapeur d’eau varie entre 80 et 200.​​​

 

♥ Bonne isolant thermique et acoustique, très bonne résistance à la compression,

♥ Matériau imputrescible, imperméable à l’eau et perméable à la vapeur d’eau,

♥ Sans effet négatif sur la santé,

♥ Pas de dégagement de flamme ni de gaz toxique en cas d’incendie,

 

↓ Sensible au feu EUROclasse E nécessite un parement coupe feu,

↓ Coût élevé.

 

  • les barrières « radiantes » ou isolants thermo réflecteurs : sont des complexes techniques de faible épaisseur composés d’un assemblage de films réflecteurs et de séparateurs associés (mousse souple, feutre d’origine animale, végétale ou de synthèse, polyéthylène à bulles…). Le nombre et la nature des couches superposées font varier leurs performances thermiques annoncées. Comme tous les autres matériaux, ils tirent leur performance (la résistance thermique) de leur conductivité thermique et de leur épaisseur. La valeur de résistance thermique R intrinsèque des produits minces réfléchissants (produit seul sans lame d’air complémentaire) varie généralement de 0,1 à 1 m²K/W. Mis en œuvre avec une lame d’air immobile de part et d’autre du produit, la résistance thermique totale (produit réfléchissant + lames d’air immobiles) varie généralement de 0,5 à 2 m²K/W (en conditions de pose optimales). Les films réflecteurs ont pour fonction de réfléchir le rayonnement thermique: c’est le principe du double vitrage et de la couverture de survie appliqué à l’isolation de la maison. A efficacité thermique équivalente, les isolants minces multicouches réflecteurs permettent la mise en place de dispositifs d’isolation 3 à 5 fois plus minces (lames d’air incluses) que les isolants épais traditionnels. Ils sont parfaitement adaptés à l’isolation de bâtiments résidentiels, commerciaux et industriels – en toiture, combles, murs et sols. Utilisés seuls, ces produits ne permettent pas d’atteindre des performances d’isolation correspondant aux seuils d’exigence minimale de la réglementation thermique et ne sont donc pas utilisables comme isolants à part entière mais éventuellement associés à un isolant. Un seul produit certifié et quelques procédés sous Avis Technique.On distingue deux familles d’isolants minces réflecteurs : LES ISOLANTS À BASE DE BULLES, utilisés comme complément d’isolation en raison de leur efficacité thermique limitée. LES ISOLANTS MULTICOUCHES techniques dont l’efficacité thermique s’apparente aux isolants traditionnels plus épais. Ils sont (pour la plupart) complètement étanches à la diffusion de vapeur d’eau.

 

♥ Leur épaisseur est limitée et convient donc très bien comme complément à l’isolation d’un endroit manquant de place,

♥ Ce matériau est difficilement dégradable par les rongeurs et autres nuisibles,

♥ Les matériaux en eux-mêmes sont facilement recyclables (aluminium, PE, laines animales) mais leur association rend difficile le recyclage de l’IMR (coût important pour séparer les composants), peut provenir de ressources recyclées (aluminium, PE),

♥ Comportement au Feu : M2 (difficilement inflammable). En cas d’incendie, les vapeurs émises par le polyéthylène contiennent des hydrocarbures, des aldéhydes et du monoxyde de carbone.

♥ Coût relativement faible,

 

↓ Pose compliqué, attention aux problèmes de condensations,

↓ Les mousses en polyuréthane sont émettrices en COV ; s’il y a une perforation au niveau d’une couche d’aluminium, l’IMR peut donc émettre des COV dans la pièce,

↓ Le CSTB proscrit l’utilisation des IMR seuls et préconise leur utilisation en tant que complément d’isolation uniquement (bon pare-vapeur).

 

Après cette longue lecture, qui je l’espère te permettra d’y voir un peu plus clair sur le sujet de l’isolation. Tu comprendras qu’il n’existe pas de bon ou de mauvais isolants mais une multitude d’isolant… Il te faudra savoir ce qui est important pour toi dans le choix d’un isolant… Par exemple si tu cherches un isolant à faible coût, peut être te dirigeras tu vers la laine de verre, si tu as une fibre « écolo », tu choisiras surement un isolant dit « biosourcé », si tu cherches le meilleur rapport épaisseur/pouvoir isolant, tu apprécieras le polyuréthane.. etc etc …  La seule chose que je peux te conseiller de faire une fois ton choix arrêté et de consulter les FDES (si tu as bien tout lu, je n’ai plus besoin de traduire ce qu’est les FDES…. :p) Elles seront pour toi un outil précieux !! Tu remarqueras que je n’ai pas parlé de tous les isolants présents sur le marché, mais disons plutôt des plus présents… Je pense notamment aux laines biosourcés, qui sont des mélanges de chanvre, lin, bois, métisse, mouton ou encore mixte… Pour cette catégorie, qui est très intéressante et que je considère comme l’évolution du marché de l’isolant (« l’isolant de demain ») je te conseille de regarder directement chez les fournisseurs, les associations de produits et encore une fois les FDES.

Pour finir, je voudrais te préciser qu’il n’existe pas d’isolant « bio » et l’on ne trouve pas dans la nature d’isolant à l’état naturel (Hors mis l’isolation en botte de paille ou paille en vrac, malheureusement peu compatible avec une Tiny house) : tout isolant est manufacturé et comporte donc des traitements et/ou additifs. Il est une fois de plus important d’être vigilants sur la validité des déclarations environnementales et sanitaires des fabricants et des labels certificateurs. Il n’existe pas non plus de produit HQE. La démarche HQE®, Haute Qualité Environnementale vise à maîtriser les impacts des bâtiments sur l’environnement extérieur (amélioration de la performance énergétique, limitation des émissions de polluants, réduction de la production de déchets) et à créer un environnement intérieur sain et confortable. Elle s’applique donc à l’ensemble du bâtiment et prend en compte l’impact environnemental (épuisement des ressources, pollution, déchets, nuisance, santé, confort) d’une construction depuis la conception jusqu’à la démolition (conception, chantier construction, exploitation, démolition, mise en décharge). Il faut donc aussi évaluer l’impact consolidé des différents matériaux qui vont composer le bâtiment sur l’ensemble de leur cycle de vie.

Dans un prochain article, Episode 2, je te parlerai de mon choix d’isolants en fonction de mes critères qui me sont propres ! Et sa mise en oeuvre. Pour cet article, je t’invite vraiment à venir échanger avec nous sur tes connaissances en produit d’isolation, le travail que j’ai réalisé pour toi et normalement plutôt très juste mais je ne suis pas à l’abris d’avoir fait quelques erreurs, tant le monde de l’isolation est complexe….

Ami anglophone, bonne chance pour la traduction 😉 et on passe à la MUSIQUE !!!!! 

 

 

 

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